dimanche 26 octobre 2008

A : Adour, Lundi 4 février 1952

Echelle des crues au pont de pierre de Dax
Terrasse nord, rive droite : Portes pourries et envahies par la végétation qui jadis se fermaient toutes seules quand l'eau montait vers la Coulaquère et s'ouvraient quand l'eau sortait de la Coulaquère.

Environ 800 m3 par seconde


Impressionnant. Depuis 1970, le tablier en béton est plus bas, l'eau l'aurait frôlé
Radier invisible

Pas besoin d'arrêté du maire pour interdire de jouer le dimanche suivant.
Vincent Garralon constructeur de la maison située à gauche rue René Crabos a fait une cave, on comprend pourquoi


Route de Sainte Eulalie. Mais aujourd'hui n'y a t il pas des maisons à droite ?

Cela ne vous rappelle t il pas un épisode de Don Camillo ?
La petite chapelle près du grand fleuve


Route de Tartas. Les 2 maisons existent toujours


Route de Mont de Marsan. De nos jours, il y a à gauche une résidence à étages et à droite un supermarché. On comprend pourquoi dans les grandes surfaces, les présentoirs s'appellent des gondoles !

Route de Grenade. A Granade, lou qué sap que nade !


Route de Grenade


Ancienne faïencerie, actuellement propriété de Monsieur Roma, rue de Papin


Route de Mont de Marsan.

Les pompiers n'ont pas de bateau. On franchit l'eau sur les GMC débarqué en Normandie, 8 ans avant. Au premier plan, le camion de Saint Sever allégé de ses tuyaux et échelle et au fond un camion en renfort venu de Mont de Marsan


Le fleuve franchit la route nationale


Route de Mont de Marsan


Remarquer les lignes téléphoniques reliant Mont de Marsan aux cantons de Saint Sever et d' Hagetmau

Lors de la crue centennale du lundi 4 février 1952, j’avais près de 5 ans. Cette catastrophe fut mon premier souvenir public. Le deuxième, l'été suivant fut l'incendie du dépôt de grains Maysonnave rue de Pontix.

La sirène avait sonné plusieurs fois pour prévenir les pompiers, les habitants de Péré et pour demander l’aide de la population pour évacuer le blé et la farine du moulin de Papin.
Avec mes parents, nous sommes descendus en voiture que mon père a stationné avenue de la Gare en zone non inondable.

Nous sommes allés à pied jusqu’au rond point de Péré. La traversée du pont fut impressionnante. Je marchais entre mes parents qui me tenaient chacun une main. Le bourg de Péré était une île. Le fleuve avait ouvert un deuxième lit depuis Sainte Eulalie, il passait sous le pont de la voie ferrée situé entre la ferme du Man et la route de Grenade, puis au niveau de l’actuel Intermarché, il traversait la route de Mont de Marsan pour revenir dans son lit au Téré après avoir franchi la route de Tartas vers la forge Pédesert.

Une telle catastrophe est-elle possible de nos jours ?
Réponse oui et non
OUI et même plus grave si un barrage en amont est rompu par un tremblement de terre comme par exemple le lac bleu en Bigorre.

NON à la suite de précipitations pour plusieurs raisons.
Tout d’abord car les nombreux barrages collinaires créés à la fin du XXème siècle écrêtent les crues sauf s’ils sont déjà pleins.
En 1952, il existe le barrage du moulin de Papin qui relève la nappe d’eau en aval du pont de pierre d’environ 2 mètres. Même si le tablier du pont refait en 1970 réduit le passage de l’eau, le flot s’évacue beaucoup plus rapidement vers l’aval du fait de la disparition du barrage de Papin.
Pour faciliter ce phénomène d’évacuation de l’eau, il serait néanmoins judicieux d’abattre tous les arbres qui ont poussé dans le lit du fleuve.

Quelle serait la hauteur d’eau au pont de pierre sur l’échelle des crues si une crue centennale type 1952 se reproduisait ?

Pour répondre à cette question, il faut partir du principe que la surface du passage de l’eau au pont de pierre de Dax n’a pas changé depuis sa construction au début du XIXème siècle. De ce fait, l’échelle des crues de Dax est fiable car elle est constante.
J’étudierai 3 crues importantes :
1952 avec à Saint Sever l’existence du barrage de Papin
1971 et 1981 sans le barrage de Papin.
On peut donc comparer les hauteurs d’eau à Dax et à Saint Sever en 1952, 1971 et 1981 et faire une extrapolation approximative avec une nouvelle crue type 1952 sur Saint-Sever.
1952 Dax 6.52 M Saint-Sever 4.60 M difference 19.2 M
1971 Dax 5.56 M Saint-Sever 2.70 M difference 2.86 M
1981 Dax 6.03 M Saint-Sever 2.30 M difference 3.73 M

Si une nouvelle crue type 1952 ( la deuxième en importance sur l’échelle des crues de Dax) arrivait sur le fleuve, il y aurait autour de 3.25 m à Saint-Sever soit environ 1.50 mètre de moins qu’en 1952.
Néanmoins, on peut penser que l’eau inondera le stade sous 50 cm minimum, sera proche du parking d’Intermarché, entourera la rocade, emportera tous les arbres situés en aval du pont de pierre et menacera les arrières des maisons de Péré. En effet, les portes protégeant du fleuve le quartier de la Coulaquère sont en ruine.

Photos preuves voir ci-dessus

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Beau reportage.

dagès a dit…

Merçi Yan Pau de nous rappeler de merveilleux souvenirs de notre enfance. Amicalement.
Yan Pau Dagès

Olivier MARTIN a dit…

excellente documentation, très instructif, je suis surpris qu'on minimise aujourd'hui ce fleuve en autorisant des constructions partout dans son lit!!

y a t-il un plan municipal ou départemental de crue avec d'un côté évacuation-hébergement-secours, et d'un autre côté surveillance de l'état des digues à Péré et Aurice et en amont?

il me semble que tout responsable doit prévoir les catastrophes pour pouvoir agir le plus efficacement possible dès qu'elles se produisent !..

je pose la question aussi de la possibilité d'une vague d'un tsunami situé dans l'Atlantique qui remonterai le fleuve à toute vitesse!

olivier martin
secouriste protection civile