dimanche 19 octobre 2008

H : Histoire des arènes de Morlanne

 A Saint-Sever, l’histoire des arènes est liée à l’histoire des face à face hommes-bovins. Je n’emploie pas volontairement le terme tauromachie pour éviter de faire le rapprochement avec les courses espagnoles ou portugaises (corridas, novilladas, beceradas) arrivées au Cap de Gascogne épisodiquement dans les années 1930 mais surtout lors du « coup d’état » de 1957 qui a détrôné le concours landais du dimanche après midi des fêtes de la Saint Jean.
Saint-Sever peut se flatter d’être, dans l’histoire du grand sud, la 2ème ville citée dans les archives . Le premier texte qui évoque la coutume de lâcher taureaux, bœufs et vaches dans les rues pour les faire courir date de 1289 à Bayonne. En 1457, le roi Charles VII accorde une lettre de rémission à Barthélémy de Bordes condamné pour avoir couru des taureaux dans la ville de Saint Sever. Il est précisé (archives nationales JJ 189) : « en la ville de Saint-Sever a une coutume de faire courir le jour de la Saint Jean Baptiste, tous les ans, chevaux et en chacune rue un taureau ».

Par la suite toute une série de comptes du trésorier de Saint-Sever (AM série CC1 et CC3) donnent de précieux détails sur les courses de la ville au XVIème siècle sur la place du Tour du Sol avec des taureaux vraiment sauvages.

En juin 1837, le journal local « La Chalosse » annonce le transfert de la course sur la célèbre promenade de Morlanne et peu à peu une « place de la course » est édifiée en dur et en bois. En 1906, on reconstruit les amphithéâtres.

Au début des années 1930, le conseil municipal décide de faire construire des arènes en béton avec un des tout premier éclairage électrique. Débute alors une des plus belles polémiques et empoignades démocratiques de l’histoire locale. Elle scinda la population en deux : les partisans de Morlanne aiguillonnés par les quatre cabaretiers de la butte aidés par ceux du Cap du Pouy et les partisans du Bellocq qui voulaient utiliser le grand espace vide, zone actuellement délimitée par le chemin de Saint François , le cimetière, la rue Grandin de l’Eprevier et la rue du Bellocq. Ils espéraient réaliser là un espace festif de quelques hectares. Les « Morlannais » l’emportèrent de très peu.

En 1931, l’architecte dacquois Pomade reçut d’Albert Larrède, maire et d’Abel Crabos président du comité des fêtes la direction du chantier.

La réalisation des fondations donna lieu à un massacre archéologique et la construction devint une importante nuisance pour les trois riverains qui se retrouvèrent avec un mur très près de leurs fenêtres. A Saint-Sever comme ailleurs, il n’est pas bon de refaire l’histoire. Une certitude cependant les nombreuses auberges-cabarets qui s’élevaient autour de cet ancien foirail ont disparu, les restes du Palestrion sont enfouis et endommagés et le béton subsiste pour l’instant.

En 1957, une minorité de saint séverins amateurs de courses espagnoles remplace le concours landais du dimanche après midi de la fête de la Saint Jean par une novillada. Le concours landais exilé le samedi soir ou le lundi soir est même menacé de disparition dans les années 1970 – 1980.

Début du XXIème siècle, les arènes de Morlanne furent restaurées et mises aux normes.

De nos jours, les amateurs de course landaise peuvent affirmer, nous avons davantage de public le lundi soir que la novillada le dimanche après midi. 

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